Les 110e et 310e RI - le 8e RIT Dunkerque

11 avril 2019

Lieutenant Lucien Delahousse 110e RI

Engagé volontaire en 1913, Lucien est sergent à la mobilisation.

Parti de Dunkerque, il arrive à Hirson pour connaître le baptême du feu sur la Meuse non loin de Dinant à Houx et à Anhée.

Affecté à une compagnie de mitrailleuses, sa mission est périlleuse.

delahousse lucien b

De retour en France, il est engagé dans le combat pour prendre la ferme de Bertaignemont où il est blessé.

Evacué, nous ne connaissons pas la date exacte de son retour mais il reçoit une citation à l’ordre de l’armée.

Le 18 décembre, le régiment débarque à Cuperly dans la Marne.

En cantonnement à Laval/Tourbe, c’est un véritable bourbier, conditions très pénibles pour des soldats déjà bien fatigués.

La 1ère bataille de Champagne a lieu dès février 1915 et le 27, Lucien prend part à l’attaque des tranchées ennemies à proximité du bois du Trapèze non loin de Mesnil les Hurlus.

Dans des conditions dantesques, ils sont nombreux à rester sur le terrain.

De retour au cantonnement le 7 mars, ses excellents états de service lui permettent d’être nommé sous-lieutenant deux jours plus tard.

En ligne le 10 non loin du fortin de Beauséjour, il est blessé par éclat d’obus à la cuisse gauche et évacué.

De retour dans le secteur de la Miette et du Choléra près de Berry au Bac, il l’est ensuite dans celui du fort de Brimont puis de Sapigneul aujourd’hui village détruit.

1916, une nouvelle grande bataille se prépare, celle de Verdun !

Le 25 février, Lucien arrive aux casernes Marceau qui est le point de départ vers les premières lignes.

caserne Marceau

Les casernes Marceau en 2006 collection auteur.

Le lendemain, il monte vers le ravin ouest de Fleury sous un bombardement d’une rare violence et des contre-attaques en nombre.

Comment a-t-il vécu ce combat ?

Sans doute épuisé comme bien d’autres, il arrive près du fort de Souville sous la neige puis vers le calvaire près de Douaumont.

Enfin relevé, la totalité du régiment est envoyée vers l’Aisne à Troyon.

Lucien a déjà vécu l’incroyable  et embarqué à Fismes le 7 août, il cantonne près de Molliens dans la Somme. Il se trouve dans la 1ère compagnie de mitrailleuses.

Le 5 septembre, en ligne dans le bois de Maricourt, la bataille de la Somme commence.

Le 1er bataillon est mis en réserve dans les tranchées Savernack et Colmar, l’attaque est déclenchée le 13 vers la Maisonnette.

Le 16, il est dans les tranchées de l’Hôpital avant de repartir vers l’est de Combles.

Quelques jours plus tard, il est blessé et évacué.

Nommé lieutenant le 5 octobre, il fait son retour et participe à l’offensive sur l’Aisne près de Craonne puis à celle des Flandres.

Débarqué à Bergues le 20 juillet 1917, il fait très mauvais temps.

Le 17 août, le bataillon attaque à 12h15 et s’empare de la ferme des Lilas près de Bixchoote.

Vers 17h30, Lucien se trouve dans le PC du chef de bataillon lorsqu’un obus tombe faisant 5 tués.

SHDGR 26_N_680

Source SHD 26N680

Parmi ceux-ci figure Lucien qui sera inhumé à Westvleteren.

Mes remerciements s'adressent à Daniel Robineau pour son partage.

 

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03 avril 2019

Soldat Ernest Dallongeville 110e RI

De la classe 1902 et natif de Watten, Ernest Dallongeville rejoint le régiment le 3 août 1914.

Il prend part aux premiers combats lors de la bataille de Charleroi, à Anhée puis à celle de Guise à la Hérie la Viéville.

Dallongeville Ernest b

 A la Noue puis à Bergères sous Montmirail, c’est la retraite de la Marne !

Dirigé vers l’Aisne, il est en ligne dans le secteur bombardé de la Miette, du Choléra et du mont Doyen jusqu’en décembre.

Il y perd de nombreux copains d’armes !

Après un repos bien mérité à Fismes, il rejoint Cuperly le 18 décembre puis cantonne à Somme-Suippes en vue d’une attaque programmée  vers les tranchées ennemies de Mesnil les Hurlus déjà très bien organisées.

Les bombardements sont fréquents dès le 8 janvier 1915.

Mais ce territoire est âprement défendu, l’ennemi contre-attaque à de nombreuses reprises. La progression reste donc lente et très pénible.

Au bivouac le 20 février à Laval/Tourbe, il rejoint Somme-Tourbe le 24.

mesnil b

L'hôtel de l'église de Mesnil les Hurlus en 2005.

Le 26, il est sur le site des abris Guérin qu’il quitte le lendemain matin à 5h45.

A 16 heures, son bataillon, le 1er, reçoit l’ordre d’attaquer à proximité du bois du Trapèze.

abris et mesnil b

Source : SHD26N497

 Ernest n’en reviendra pas et son corps ne sera jamais retrouvé.

drapeau b copieMort Pour La France

Merci à Jean-Jacques Macre de son partage.

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27 mars 2019

Soldat Rémy Pinat 110e RI

Natif de Montreuil sur Mer et de la classe 1908, Rémy est mobilisé le 3 août 1914.

En campagne à Anhée en Belgique puis à Guise dans l’Aisne, il prend part à la retraite de la Marne à Bergères sous Montmirail puis revient à Reims.

En septembre, il est dans la vallée de l’Aisne à la Miette, au Choléra, au mont Doyen sous un bombardement presque continuel.

Rémy se trouve dans la compagnie hors-rang ayant la spécialité de sapeur comme l’indique l’insigne qu’il porte au bras gauche sous ceux de présence au front.

 

pinat b

 

Durant l’hiver, il est en Champagne et participe à la 1ère bataille dans le secteur très bombardé de Mesnil les Hurlus puis part vers les Eparges sous Verdun avant de revenir dans l’Aisne dans la région de Pontavert.

1916 : la terrible année ! direction la Meuse ; il arrive à Verdun et monte vers Douaumont sous un bombardement continuel et très intense.

Sain et sauf, il revient dans l’Aisne dans le secteur de Troyon.

Une nouvelle grande offensive est en préparation, c’est la bataille de la Somme en septembre.

Rémy y prend part à Hardecourt, Maricourt, Maurepas et Combles.

En fin d’année, il est à nouveau à Mesnil les Hurlus et revient une fois de plus dans l’Aisne à Beaumarais (sous Craonne).

Le 9 avril 1917, les artilleries sont très actives, des travaux commencent le 13 en vue d’une attaque imminente.

Le 14, le régiment déplore 2 tués et 10 blessés dont Rémy « Mort Pour La France ».

 

beaumarais rémy pinat bLa X indique l'endroit approximatif du décès de Rémy.

Merci à Nicole Pinat de son partage en l’honneur de son aïeul.

temple bLa ferme du Temple en 2015.

 

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26 mars 2019

Soldat Georges Lippens 110e RI

Après deux années de service actif, Georges Lippens est mobilisé le 3 août 1914 et rejoint la caserne à Dunkerque.

Musicien, il est affecté à la compagnie hors-rang, compagnie dans laquelle on retrouve différents spécialistes comme les pionniers, armuriers, boulangers, etc…

Il part en campagne en direction d’Anhée en Belgique puis il revient à Guise où cette bataille va l’amener brancardier.

Sur la Marne à Bergères sous Montmirail, il est dirigé vers le front de l’Aisne au Choléra près de Berry au Bac puis au mont Doyen près de Pontavert.

 

lippens b

 Georges et son épouse.

Il y a déjà de nombreuses pertes et il ne fait nul doute que Georges a du prendre bon nombre de risques pour évacuer les blessés et tués…

1915, sur le front de Champagne, il connaît l’horreur des bombardements continuels à Mesnil les Hurlus, village détruit et jamais reconstruit.

Revenu dans l’Aisne durant l’été, il est dans le secteur de Pontavert, Sapigneul et bois des Buttes.

1916 c’est l’enfer de Verdun ! En ligne à Douaumont, l’évacuation des blessés s’effectue sous un très violent bombardement de tous calibres.

Mais voilà qu’une autre grande offensive se prépare, il s’agit de la Somme à Maricourt et Combles qu’il faut reprendre.

Georges s’en tire sans aucune blessure et le voici en 1917, en ligne à Beaumarais en vue d’une attaque vers Craonne où les allemands se trouvent en très bonne position et provoque des pertes importantes.

craonneCraonne vu du bois de Beaumarais en 2012.

Le bombardement tel que l’ont écrit les Poilus est si intense qu’il est difficile d’attaquer.

Sur le front belge en août, Georges se distingue et obtient une citation à l’ordre du régiment pour son « dévouement et son entrain remarquables et pour être toujours volontaire pour les postes les plus exposés ».

blockBlockhauss allemand sur le front des Flandres.

1918, sur l’Aisne à la Ville au Bois puis à Soissons, il est sur l’Ourcq où une fois de plus les pertes sont très importantes notamment à Neuilly St-Front.

Les allemands reculent et c’est dans ces conditions que Georges est blessé lors de l’attaque de Pont St-Mard.

Atteint au front par éclats d’obus, il est évacué et la guerre est terminée pour lui le 20 août 1918.

Merci à Madame Yvette Huenarts-Chartrain de son partage.

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19 mars 2019

Signaleur Henri Sobrie 110e RI

Né à Tourcoing et de la classe 1915, Henri Sobrie est incorporé au 110e RI en décembre 1914.

Après ses classes, il rejoint le régiment en campagne dans le secteur des Eparges en avril 1915.

sobrie henri

Il passe l’été dans le secteur du Choléra dans l’Aisne et après une période de repos, il revient non loin, à Sapigneul, village détruit encore aujourd’hui, à Pontavert, au bois des Buttes et à Beaumarais en fin d’année.

sapigneul b

Sapigneul village détruit

Tout comme ses camarades, il y subit le bruit infernal des bombardements et des attaques et contre-attaques de part et d’autre provocant de nombreuses pertes.

1916 : une grande bataille se prépare, c’est Verdun où il arrive fin février et monte sur les pentes escarpées vers la ferme d’Haudromont qu’il faut reprendre…

Après ce combat, il redescend vers Verdun pour remonter en ligne et sous la neige près du fort de Souville.

Henri s’en sort indemne , il est dirigé dans le secteur de Troyon dans l’Aisne.

Mais une autre grande bataille se prépare : celle de la Somme !

Il arrive à Maricourt en vue de reprendre Combles où les destructions sont très importantes. L’avancée est lente, l’ennemi étant bien camouflé dans les débris et les caves.

Cette bataille provoque encore des pertes très importantes et Henri est une nouvelle fois épargné.

Il est alors dirigé vers la Marne dans la région de Suippes et précisément à Mesnil les Hurlus et Beauséjour. Ces villages détruits se trouvent aujourd’hui dans le camp militaire de Suippes.

mesnil b

Mesnil les Hurlus en 2005

Signaleur dans un poste d’observation, plus que courageux, il est cité à l’ordre du régiment pour avoir continué à informer son commandant sous un fort bombardement alors que son copain à proximité avait été tué.

Après une période de repos et d’instruction, Henri participe à la bataille de l’Aisne à Craonne puis il prend part à la bataille des Flandres dans les secteurs de Boesinghe et en forêt d’Houthulst.

Revenu dans l’Aisne début 1918, il quitte le 110e RI en mars.

Henri a reçu la médaille militaire en 1955.

Merci à Madame Marie-Brigitte Van Oost ainsi qu'à ses frères de m’avoir permis d’écrire cette page en l’honneur de leur grand-père.

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14 mars 2019

Soldat Julien Achin 110e RI

De la classe 1914, Julien Achin est incorporé au 110e RI le 4 septembre 1914.

Achin julien b

Julien, ici au 108e RI, se trouve debout à droite

Affecté à la 5e compagnie, il fait ses classes puis rejoint le régiment le 5 décembre 1914 sur le front de l’Aisne au mont Doyen.

Quatre jours plus tard, il cantonne à Fismes puis à St-Thibaut.

Il embarque à destination de Cuperly dans la Marne le 18 décembre puis il cantonne à Somme-Tourbe alors qu’une attaque programmée est reportée.

Après un retour à Cuperly, il monte vers le front très mouvementé de Mesnil les Hurlus sous un temps exécrable.

Le 22 janvier, il est en 1ère ligne près des tranchées Brunes où des corps sans vie jonchent le sol…

Le 7 février, sous les ordres du capitaine Debacker, il participe à l’attaque des bois Jumeaux qui sont de suite occupés.

Les jours suivants, les allemands contre-attaquent à plusieurs reprises.

Le terrain est bouleversé par les bombardements, c’est l’horreur !

Le 5 mars, la compagnie attaque de nouveau vers le fortin de Beauséjour et restent sur place.

Le 13 mars, Julien quitte le front pour un repos bien mérité à Vertus puis il embarque à Fère-Champenoise le 28 mars pour débarquer près de Bar le Duc.

Le régiment est dirigé vers Verdun et cantonne à Eix.

Le 12 avril, il monte vers les Eparges mais il est blessé par éclat d’obus à la jambe gauche et évacué.

eparges b

Guéri, il rejoint le régiment le 25 août dans le secteur de la Miette mais son état nécessite une hospitalisation et le 10 septembre, il se retire.

entonnoirEntonnoir sur la crête des Eparges

Le 31 janvier 1916, il est affecté au 108e RI et recevra une citation à l’ordre du régiment pour ses faits d’armes.

Merci à Michèle Achin de m’avoir permis de réaliser cette page en l’honneur de son grand-père.

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12 mars 2019

Caporal Tobie Gournay 110e RI

Rengagé en 1913, Tobie, originaire de Quaedypre, rejoint le 110e RI le 2 août 1914.

Il est affecté à la 3e compagnie.

Gournay Tobie b

 Parti le 7 août de Dunkerque, il arrive à Hirson et est dirigé vers la Belgique où il connaît le baptême du feu à Haut le Wastia et Anhée.

Revenu dans l’Aisne à la Hérie la Viéville, sa compagnie dégage la 4e qui allait se faire capturer…

C’est la retraite de la Marne et l’arrivée à Reims le 14 septembre.

Deux jours plus tard, il arrive à Roucy dans l’Aisne.

Le 22, la bataille fait rage et Tobie est blessé par éclat d’obus au genou droit à Pontavert et évacué.

pontavert b

 De retour au front au mont Doyen le 7 décembre, il est de nouveau blessé par éclat d’obus à l’épaule droite et évacué.

Revenu le 9 janvier 1915, Tobie participe à toutes les opérations du régiment :

Les Eparges, la Miette, le Choléra, le fort de Brimont, Sapigneul, Pontavert et le bois des Buttes.

1916 : c’est l’enfer de Verdun.

Le 25 février, il est en ligne à Douaumont sous un bombardement continuel.

Arrivé au fort de Souville le 2 mars, il remonte vers Fleury.

Il quitte Verdun pour une période de repos et d’instruction près de Dormans puis il part dans le secteur de Troyon dans l’Aisne.

Le 7 août, Tobie arrive dans la Somme pour être en ligne dans le bois de Maricourt.

Maurepas b

Source SHD 26N680/10

Le 13 septembre, avec sa compagnie, il attaque le carrefour de la Maisonnette lorsqu’il est blessé par éclat de grenade au cou.

Il revient le 1er novembre dans la région de Possesse.

En janvier 1917, il est ligne dans le tristement célèbre secteur de Mesnil les Hurlus puis prend par à la bataille de l’Aisne.

Tout juste nommé caporal, il attaque vers Craonne.

Cette attaque a provoqué une grande fatigue aussi le régiment part ensuite en repos dans la région de Provins.

Le 10 juillet, il est rappelé aux mines de Noeux.

 Cité à l’ordre du régiment, médaillé militaire en 1926, trois fois blessé, Tobie alors sergent-chef, prend sa retraite en 1930 avec près de 18 ans de service…

 

Lucien Gournay

 De la classe 1907, Lucien est mobilisé dans la 22e compagnie du 365e RI, régiment de la place de Verdun.

Très rapidement, il participe au 1er combat à Etain puis à celui de Ville sur Cousances où il est blessé par balle le 6 septembre et évacué.

Il revient le 3 novembre et le 15, il est de nouveau blessé par éclat d’obus dans le secteur de Maucourt/Mogeville.

Après avoir été soigné, le 13 février 1916, il passe dans la 6e compagnie du 107e RI d’Angoulême.

Gournay Lucien b

 Il est sur le front de Verdun à Bras/Meuse et Haudromont puis part vers le front de l’Aisne à Soupir.

En octobre, le voici sur le front de la Somme à la Maisonnette.

Durant l’année 1917, Lucien se trouve dans la Marne à Souain/ferme de Navarin.

Mais en octobre, il apprend qu’il doit partir en Italie.

Arrivé dans le secteur du Piave à Asiago, le bataillon dans lequel il se trouve (2e) se met à l’honneur sur un terrain très escarpé qu’il a fallu franchir et qui permet au régiment de recevoir une citation.

Asiago 4 4 18 bAsiago 4 4 1918

Nommé 1ère classe en septembre 1918, Lucien est démobilisé 6 mois plus tard.

Cité à l’ordre du régiment, médaillé militaire en 1931.

Merci à Marc Gournay de m’avoir permis de faire ces articles en l'honneur de ses aïeux.

 

 

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09 mars 2019

Sergent Jean Gabriel Castelain 110e RI

Mobilisé le 3 août 1914, Jean Gabriel connaît le baptême du feu à Dinant le 15 août.

Il est sergent.

Castelain JG b

Quelques temps plus tard, il échappe de peu à la foudre tombée à 10m de lui !

Revenu en France, il est traumatisé par ce qu’il a vécu.

Dirigé dans de longues marches vers Hirson, Jean Gabriel écrit dans son carnet que les obus et balles pleuvent de tous côtés ; il échappe au pire.

La journée du 30 août le marque à jamais ayant vu des tirs français vers des Français ;

« Que c’est donc terrible » écrit-il !

Arrivé près d’Esternay, il découvre des dizaines de tués jonchant le sol « spectacle horrible ».

A Reims le 15 septembre « Tout va bien quand St-Joseph me protège toujours ».

Deux jours plus tard, il est en ligne à Pontavert mais malade, il se tient dans une meule de paille, son copain Albert est blessé.

Une semaine plus tard, Jean Gabriel va beaucoup mieux et prend part au combat près de Berry au Bac.

Les jours passent sous un bombardement plus ou moins continuel.

Il s’agit en fait du bois de la Miette puis du bois Marteau.

Relevé dans la nuit du 17 octobre, il revient une semaine plus tard en 1ère ligne au bois Franco Allemand où rien ne change.

Le 1er novembre, il est surpris par des chants latins venant de la tranchée d’en face… les larmes lui montent aux yeux.

Le lendemain, il échappe encore une fois à la mort, une balle ayant heurté ses jumelles sans l’atteindre !

Le 22 novembre, une messe est faite dans une grange non loin de la ferme de la Pêcherie.

« Avec quelle ferveur on prie ! ».

ferme de la Pêcherie b

La ferme de la Pêcherie en 2011.

Le 28, une balle heurte sa pipe qu’il venait de confectionner, encore un jour de chance…

« Que Dieu me garde toujours » a-t-il écrit.

Le 1er décembre, il est au mont Doyen tristement célèbre : « les Boches crachent toujours, nous leur envoyons des grenades ».

10 jours plus tard, relevé, il arrive à Ventelay et le 17, il embarque dans un wagon à bestiaux avec 39 de ses camarades.

Arrivé à Cuperly le 18, il cantonne à St-Etienne au Temple constatant que le village est en ruines.

Le 29 décembre, arrivé à Laval/Tourbe, il couche dans la boue.

Le 1er janvier 1915, il écrit :

« Heureux de se trouver encore vivant ».

Monté en ligne aux abris Guérin le 22, un obus tombe à quelques mètres de lui sans l’atteindre.

Le 26, Jean Gabriel se trouve aux tranchées de Beauséjour sous un bombardement permanent. Les jours passent ainsi.

Le 10 février, en ligne aux tranchées Brunes, il sait qu’une attaque se prépare.

Celle-ci se déroule deux jours plus tard mais les canons de 75 tirent trop court et provoquent la perte de nombreux soldats.

Jean Gabriel est consterné et hagard, il a encore eu de la chance.

Mais le 17, il est blessé par balle au ventre et évacué vers l’ambulance à Mesnil les Hurlus où il décède le lendemain.

Inhumé sur place, son corps n’a jamais été retrouvé.

 

Merci à Mr Gabriel Castelain et Mme Claude Voisine de leur partage à la mémoire de ce Poilu dont il reste ses carnets.

L’écrit ci-dessus est extrait de ceux-ci.

 

Que s’est-il passé ?

Le 12 février, la 11e compagnie se trouve au bois Lorrain d’où elle doit attaquer le 14.

Cette attaque est reportée au 16.

La 11e compagnie fait partie du 3e bataillon qui doit attaquer les tranchées Blanches.

Cette attaque est réussie et les soldats en occupent la partie ouest.

Les allemands furieux provoquent plusieurs contre-attaques le 17 et reprennent plusieurs parties de ces tranchées.

C’est donc dans ces circonstances que Jean Gabriel a été blessé.

mesnil bLe trait jaune indique le lieu de blessure.

 

 

 

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06 mars 2019

Sergent Gédéon Lombard 110e RI

Natif des Basses Alpes, Gédéon est incorporé au 112e RI de Nice en octobre 1912.

Passé au 173e RI de Bastia l’année suivante, il part vers le front avec ce régiment.

Ses excellents états de service lui permettent d’être nommé caporal puis sergent.

Le 3 décembre 1916, il est muté en renfort au 110e RI et se retrouve au milieu de Poilus du Nord Pas de Calais.

Il ne fait nul doute que les Patois du Nord et du Sud ont du prêter à discussion !

Lombard Gédéon p

 Jean-Marie Besson indique aujourd’hui :

« Gédéon lors de sa dernière permission passée en famille était passablement épuisé, "usé", son père l'avait quelque peu réconforté avant qu'il ne reparte au front... »

Mais revenons aux faits d’armes du régiment en 1917 :

Janvier : Champagne dans le secteur nord de Mesnil les Hurlus.

Février/mars : déplacement vers le Tardenois.

Mars/avril : instruction (région de Dormans) et travaux (vallée de l’Aisne).

Avril : offensive de l’Aisne au bois de Beau Marais.

Avril/juillet : repos et instruction dans les régions de Montmirail, de Ramerupt et de Provins.

Juillet/octobre : offensive des Flandres : Yser, Steebeek, ferme de la victoire, ferme de Papegoede.

Octobre/novembre : repos et travaux en arrière du front des Flandres.

Novembre/décembre : Flandres dans le secteur nord de Langemarck.

Décembre/janvier : déplacement et repos région de Senlis.

1918

Janvier/février : travaux canal de l’Oise à l’Aisne, face à Coucy le Château, entre Crécy au Mont et Loeuilly sous Coucy.

Février/mars : travaux région de Prèles et Boves dans l’Aisne.

Mars/avril : secteur de la Ville aux Bois.

Avril/mai : travaux au nord de Soissons et de Juvigny puis en soutien (vallée de l’Oise, Montmacq, mont Renaud, région de Beauvais, région d’Abancourt).

Mai/juin : au ravin de Cutry.

Juin/juillet : forêt de Retz (Autheuil en Valois, plateau de Mosloy, vallée de l’Ourcq, Passy en Valois, bois Allongé, Neuilly Saint-Front, la Croix sur Ourcq, Coincy-l’Abbaye).

Juillet/août : repos (région de Candelu puis de Trosly-Breuil).

En août : l’objectif est de reprendre la ferme Malhôtel,  Pont Saint-Mard et Crécy au Mont.

ferme de malhotel copie

la ferme de Malhotel aujourd'hui.

Les combats sont très violents, le régiment se trouve côte à côte avec le 208e RI.

Le 25 août, en pleine attaque, Gédéon est tué, nous n’en connaissons malheureusement pas les causes exactes.

Merci à Jean-Marie Besson de m’avoir permis de faire cet article à la mémoire de son aïeul.

nécropole Crécy

la nécropole nationale de Crécy au Mont.

Après quelques recherches, je vous présente la citation de la médaille militaire à titre posthume du Journal Officiel du 29/5/1921. Curieusement, Gédéon a le grade d'adjudant, était-il juste nommé ?

Lombard Gédéon MM 29 5 1921 copie

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16 janvier 2019

Soldat Jules Bonnet 110e RI

Orignaire de St-Venant et de la classe 1915, Jules Bonnet est mobilisé le 2/8/1914 fait la campagne jusqu'à Douaumont où il est gravement blessé par trépanation et perte d'un oeil.

Je recherche aujourd'hui ses descendants, merci.

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